En octobre 2023, Anne Hidalgo se rend à Tahiti pour inspecter les sites olympiques de surf. Sa délégation utilise une clé 3G comme en métropole. Problème : la Polynésie française n'est pas un DOM aux yeux des opérateurs télécoms. Elle n'est pas couverte par le roaming européen. Résultat : 10 000 € pour 5 Go de données, soit 2 000 € le gigaoctet. Le montant, d'abord contesté, a été confirmé lors du Conseil de Paris du 13 février 2025.
Quelques années plus tôt, un retraité français part à Cuba avec son iPhone. Après quatre jours d'usage modéré, Orange lui envoie un SMS d'alerte : 7 800 € de consommation. Cinq jours plus tard, nouveau message : 10 950 €. De retour en France, la facture finale s'élève à 13 171 €. Le tribunal donnera raison à l'abonné : Orange est condamné pour défaut d'information et doit rembourser 11 148 €.
Plus récemment, en mai 2025, un buraliste des Yvelines rentre d'une semaine de vacances au Maroc. Facture : 37 737 €. Il affirme ne pas avoir touché son téléphone durant la nuit, mais les débits montrent 250 € prélevés toutes les deux minutes entre 3h et 6h du matin. Orange maintient que le client a validé une autorisation de dépassement. Le buraliste a pris un avocat.
Trois destinations. Trois profils différents. Un même mécanisme : la donnée mobile consommée hors zone européenne, sans forfait adapté, à des tarifs que personne ne lit avant qu'il soit trop tard.

Hors de l'Espace économique européen, la réglementation impose un plafond de 60 € TTC sur la consommation data en itinérance. Votre opérateur doit vous envoyer un SMS d'alerte à 80 % du plafond, puis couper automatiquement la connexion à 100 %.
Mais ce plafond a une faille : il peut être levé. Il suffit de répondre "oui" à un SMS de l'opérateur proposant de continuer au-delà. Dans les trois cas ci-dessus, c'est exactement ce qui s'est passé, volontairement ou par méprise.
Si vous recevez une facture que vous estimez abusive, vous disposez d'un an à compter de la date de facturation pour la contester. Le parcours est le suivant : contacter le service client, puis le service consommateurs, puis saisir le médiateur des communications électroniques. En dernier recours, le tribunal. Dans l'affaire cubaine, le tribunal a jugé qu'Orange n'avait pas suffisamment informé son client : la facture a été annulée.
Un point essentiel à retenir : la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et les autres collectivités d'Outre-mer ne sont pas couvertes par le roaming européen. Vous êtes en France, mais votre téléphone est facturé comme si vous étiez à l'autre bout du monde.

1. Vérifier si votre destination est en EEE. Si oui, votre forfait s'applique normalement. Si non, vous êtes exposé. Attention aux pièges : Polynésie, Nouvelle-Calédonie et Royaume-Uni ne sont pas en EEE.
2. Désactiver les données en itinérance. Un geste qui prend dix secondes dans les réglages du téléphone et qui coupe tout risque de consommation involontaire.
3. Souscrire une solution data avant le départ. Pass voyage opérateur, eSIM prépayée, ou SIM locale à l'arrivée. Le choix dépend de la destination et de la durée, mais il doit être fait avant l'embarquement, pas au moment du SMS d'alerte. Notre guide roaming compare les quatre options.
4. Couper la synchronisation automatique. Photos iCloud, sauvegarde Google, mises à jour d'applications : ces services consomment des données en arrière-plan, sans notification visible. Désactivez-les avant le décollage, réactivez-les en Wi-Fi.
5. Faire une capture d'écran de votre forfait. En cas de litige, cette preuve datée de votre enveloppe data avant le départ vaut de l'or. Ajoutez-y une capture de vos réglages d'itinérance désactivés.
Si votre téléphone est compatible eSIM, l'étape 3 prend cinq minutes depuis votre canapé. Vous partez avec un forfait data local, activé, à prix fixe, sans toucher à votre SIM française.
